C’est quelqu’un pour qui peindre était « une envie impérieuse », Michele Décard, une artiste investie par la peinture est l’invitée de la Voûte des arts de Pierrevert pour tout juste une semaine ! Cette Manosquine qui toute jeune regardait onduler les champs de blés du côté des Combes, l’ainée d’une fratrie de quatre enfants s’est retrouvée très jeune à Toulon avec sa famille. Elle a rapidement découvert sa passion pour la couleur, une passion qu’elle a cultivé après sa scolarité, aux beaux-arts de Toulon, marqué du sceau des grands avec comme professeurs Baboulene, Mattio Pertus ou Tamari tout en ayant en exemple une maman qui avait la fibre artistique ! Élevée dans la simplicité et la discrétion, des maitres mots familiaux qu’elle a appliqué à sa peinture, d’une éducation cadrée tout en précisant « sans être autoritaire », elle a toujours pu développer son art. Ainsi ces années aux beaux-arts étaient devenues une nécessité. Un lieu où elle a fait la découverte de la peinture et du dessin. Un temps, employée au secrétariat de l’entreprise familiale, elle s’est rendue à l’évidence, constatant « être plus douée pour la peinture que pour les chiffres » puis le mariage et la naissance de trois enfants « la grande joie d’une belle famille ou les préoccupations domestiques étaient loin de la peinture ». Plus tard des enfants, qui ayant grandis, lui ont laissé la liberté de retourner … à la peinture que quelque part dans un coin d’elle-même elle n’avait jamais lâché ! Elles se sont retrouvées quatre jeunes dames d’alors dans l’atelier « Un point c’est tout » du côté de Venelles dont la première exposition collective prendra un départ qu’elle qualifiera de « fulgurant ». Dès lors, elle enchainera stages et concours auprès de pointures tel Paul Ambille qui a vingt ans avait été prix de Rome, puis Debussher le peintre de marine, Thierry Citron le grand maitre du pastel, Etienne Bucher peintre et graphiste, des artistes qu’elle qualifie comme étant d’une simplicité inouïe mais qui lui ont « procuré un bonheur inouï », et d’ajouter : « ils savaient d’un coup d’œil quel était le meilleur angle ».Celle qui dit de sa peinture « c’est comme ma vie un petit chemin tranquille », expose une rétrospective de ses œuvres, que, sollicité par Anne-Marie Joffrin la présidente de la Voute des arts a défini comme, « une femme de caractère d’une sensibilité à fleur de peau, d’une exigence impitoyable envers son travail jamais tout à fait satisfaite, reconnue par ses pairs et fidèle à ses maitres ».

Michele Décard sans se départir de sa bonne humeur dira lors du vernissage « ces souvenirs ont embellis ma vie, des amitiés fidèles et précieuses, des relations nouvelles ». Toujours avec un sourire éclatant et une verve incroyable, laissons-lui la conclusion « peindre c’est facile quand on ne sait pas mais quand on sait ça devient très compliqué ».

Haute Provence Info, le 13 Mai 2025

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